Il était une fois...Seaman

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Seaman est sorti en 1999 sur Dreamcast au Japon, puis en 2000 aux US. Il y a également une version PS2 qui a vu le jour en 2001. Le titre a été développé par Vivarium et édité par Sega. Pour mettre la main sur le jeu en Europe, il fallait passer par l’import, ce que j’ai fait, et surtout ne pas se planter et bien prendre la version US, le jeu utilisant un micro. A moins de parler japonais, bien entendu.

Ce « jeu » est un des trucs les plus flippants qu’on puisse imaginer. Le principe général est celui d’un Tamagotchi. On doit élever une créature, qui part d’un état très basique, pour en faire une sorte de crapaud à tête humaine. Pour ce faire, il faut le nourrir, le cajoler, lui apprendre à faire des choses diverses…et discuter avec lui. Dans la version US, c’est carrément Leonard Nimoy qui est la voix du Seaman (Mr Spock, pour ceux qui ne le situent pas) ! Visuellement, le titre est très aride. Sur un fond noir, il n’y a pas grand-chose d’autre que notre « ami ». Pourtant, cela parvient à monopoliser notre attention, tant ce qui est à l’écran est étrange. Au gré de son apprentissage, le Seaman va passer par divers stages, et dès le deuxième le malaise s’installe. Ce poisson à tête humaine (le visage de Yoot Saito, le producteur du jeu) est une évidente anomalie de la nature, qui nous donne l’impression d’être une sorte de savant fou tentant des croisements contre-nature. Tous les jours il faut rendre visite à notre bébé, et s’il devient de plus en plus domestique, de temps à autre il fera malgré tout un peu n’importe quoi. Rien que les termes que j’emploie pour en parler sont étranges ! Sa personnalité évolue, comme pour un humain, ou bien est-il domestiqué comme un animal ?

Il se montrera souvent bavard, parfois amicalement, parfois nettement moins, envoyant gentiment chier le joueur s’il n’est pas de bonne humeur. Et se faire envoyer promener par un poisson, ça agace un peu, même s’il a la voix de Spock !

On ne va pas se mentir, le jeu tourne vite en rond, et je ne suis pas allé jusqu’à sa dernière évolution : la rareté du jeu fait que j’ai pu très bien le revendre. Cependant, je suis content d’avoir pu m’y essayer. C’est à ce jour la meilleure adaptation de David Lynch qu’on ait pu faire. On pense à Eraserhead et son bébé monstrueux, ou à la Mouche Noire et son dernier plan montrant une mouche avec une tête d’homme. On pense aussi au Festin Nu de Cronenberg et à l’absurde traité comme si tout était normal. La sensation est très étrange, dérangeante, et relève pour ainsi dire du happening.

Il est peu probable que vous croisiez Seaman aujourd’hui, mais par curiosité, jetez tout de même un œil sur la vidéo ci-dessous, vous constaterez la bizarrerie de la chose…

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