X Story : KOTOR 2

«Aussi formidable que raté !» le 10 décembre 2016 @ 16:492016-12-11T20:57:24+01:00" - 1 réaction(s)

Star Wars : Knights of the Old Republic II : The Sith Lords est sorti en 2005 sur Xbox (et sur PC). Edité par LucasArt, le jeu a été développé par l’équipe d’Obsidian Entertainment. Pour simplifier, à partir de maintenant, on va l’appeler KOTOR2 !

Ce titre est un de mes coups de cœur de la Xbox, un jeu que j’ai fait encore plus de fois que le premier épisode. Pourtant, il est rempli de tellement de défauts que je ne peux m’empêcher de le qualifier de ratage par bien des aspects. Un ratage plus que sympathique, attachant, doté d’une ambiance envoûtante, et tellement prenant que, justement, on oublie tout ce qui ne va pas dans le jeu.

Dès le départ, KOTOR2 faisait peur. Après l’incroyable premier épisode développé par Bioware, le fait que le studio change ne pouvait qu’inquiéter. Non pas qu’Obsidian devait forcément être mauvais (d’ailleurs les autres jeux du studio nous ont prouvé par la suite qu’ils savaient très bien raconter une histoire), mais Bioware avait si bien capté l’essence même de Star Wars, bien mieux que Lucas lui-même qui commençait dans le même temps le sabotage de sa série, qu’on aurait préféré qu’ils restent aux manettes.

Quand le jeu est sorti, il était tout de suite évident que des restrictions budgétaires étaient passées par là, ou tout du moins que le développement avait été rushé pour tenir une date de sortie. Les terribles problèmes de finition sautent immédiatement à la gueule, avec une caméra moins performante que dans le premier jeu, ainsi que des petits bugs un peu partout (dont beaucoup d’affichage). Surtout, et c’est bien là le pire problème du titre, la fin semble tellement expédiée et à côté de la plaque au regard de l’aspect épique de Star Wars qu’il est évident qu’elle a été torchée pour conclure le titre. Cela se ressent d’autant plus par rapport au reste de la narration du jeu…

Car oui, à côté de cela, KOTOR2 est rempli de qualités surprenantes, et d’une richesse scénaristique et thématique qu’on croise rarement dans un jeu, et qu’on ne croisera jamais avec une telle intensité dans les films. Passons rapidement sur les nouveautés de gameplay (plus de pouvoirs de la force, plus de ceci, plus de cela…) car fondamentalement cela ne change rien. L’important, ici, plus que le gameplay, c’est bien l’histoire et la façon dont elle est construite. Attention, le joueur actuel, habitué aux cinématiques à rallonge pour que le scénario avance, risque d’être perturbé de trouver un jeu dans lequel il est véritablement un acteur, et non pas juste un témoin.

Dans KOTOR2, dès le départ on est déjà un Jedi. Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler l’histoire : si vous ne connaissez pas le jeu, vous pouvez le trouver pour rien sur PC… Faites-le ! Plus que l’histoire, qui est relativement classique, c’est le scénario qui s’illustre joliment, tournant clairement autour de l’évolution de notre avatar. Le système de partenaires de KOTOR est repris, certains étant plus du côté lumineux, d’autres plus du côté obscur. On va influencer nos partenaires, mais aussi, et c’est la surprise du jeu, être influencé par eux. A travers une exploration de la société Sith, qui pour une fois n’est pas juste montrée comme « le clan des gros méchants », KOTOR2 réussit un tour de force stupéfiant : montrer que le manichéisme n’existe pas, même dans un monde qui se partage entre le côté obscur et lumineux de la Force. Ainsi se posera un questionnement essentiel et délicat, entre la fin et les moyens, sans jugement, puisque l’histoire accepte avec la même indifférence tous les choix. C’est donc bien le joueur qui est mis face à ses responsabilités, et qui va devoir se débrouiller avec sa propre morale. Des PNJ formidablement bien écrits viendront titiller le joueur, n’hésitant pas à donner leur perspective des événements et des choix retenus. L’histoire accompagne et provoque les choix, y compris dans le gameplay, le côté obscur étant plus puissant en combat…

Visuellement, KOTOR2 est moche. Pourtant, même cela fonctionne ! Après l’avoir fait plusieurs fois, je ne peux pas m’empêcher de penser que l’austérité visuelle du jeu est un choix véritable. Le premier alternait avec adresse les environnements, pour montrer une belle diversité de l’univers. Dans KOTOR2, on passe beaucoup de temps dans des bâtiments où des bases, tout est gris, terne, morne. Les endroits les plus majestueux, qui retiennent le plus l’attention, sont en fin de compte les sites Siths (oui, je sais, elle était facile).

Je pense que cela est véritablement réfléchi et apporte de façon indirecte beaucoup aux thématiques du jeu. Ainsi, les environnements ternes n’incitent pas vraiment à la joie, et la tentation est donc grande de sombrer dans le côté obscur : c’est un rappel permanent que garder une moralité positive est une lutte, un acte volontaire. Cela signifie donc de façon directe que notre naturel, lui, nous pousse facilement vers des comportements discutables. Cela s’illustre par des PNJ douteux, et par le réflexe qu’on aura de se méfier de tout le monde. De la même façon, il faudra parfois chercher une véritable motivation personnelle, peu encouragée par ce qu’on voit à l’écran, pour aider des individus qui ne le méritent peut-être pas…

Dans le même temps, la culture, bestiale par bien des aspects, des Siths, semble être une bien meilleure représentation de la vie. Les décors eux-mêmes traduisent une recherche de beauté, d’esthétisme, qu’on ne trouve pas ailleurs… Et si c’étaient eux qui étaient dans le vrai ?

La conclusion, maladroitement, essaie artificiellement de pousser le joueur vers une direction ou une autre, de façon malheureusement bien peu ambitieuse. Si c’est la dernière impression que laisse le jeu, si c’est la destination de KOTOR2, n’oublions pas que le plus important, c’est le voyage pour y arriver.

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1 reactions

jmabate

10 déc 2016 @ 23:12

sûr le coup, j’ai apprécié cet épisode en y jouant ! l’aspect sith du jeux en est l’atout. ayant été happé par le premier opus, faire cette suite était une obligation, mais dans le temps, il laisse la place au premier Kotor qui reste le RPG de cette génération.