Ubisoft entre dans la politique des DLC gratuits, avec Rainbow Six comme modèle

«Pour le meilleur et pour le pire» , - 4 réaction(s)

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C’est un cas qui risque de se généraliser à tous les plus gros éditeurs de l’industrie, mais Ubisoft souhaite déjà emboîter le pas à l’un de ses derniers gros jeux de cette génération, j’ai nommé Rainbow Six : Siege. Alors pourquoi ce jeu est un cas particulier de l’école Ubisoft ? Ce n’est pas à cause de la performance de ses serveurs ni même de sa finition soignée (vous aimez manger du sarcasme ?). Non, le dernier né de la série Arc-en-ciel Six est le seul jeu de la maison Guillemot à ne pas imposer d’extensions payantes pour profiter de tout son contenu jouable. Et par jouable, il faut penser à “expérience de jeu”.

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C’est loin d’être une nouveauté. Halo 5 Guardians, Overwatch et, plus récemment, Titanfall 2 utilisent ce même principe du “on vous donne de quoi jouer et vous achetez nos nouveaux objets cosmétiques tout beaux”. L’idée derrière cette politique est de se réconcilier avec le joueur, qui passe sa vie à râler sur les DLC et autres extensions payantes. Bien vu. Au lieu donc de donner son précieux argent de poche ou une partie de son salaire pour acheter la nouvelle carte multijoueur (ou le nouveau mode de jeu trop cool) qui vient de sortir, le joueur l’utilisera pour acheter une nouvelle tenue pour son avatar, une nouvelle peinture pour son arme préférée ou encore un superbe pendentif en forme de licorne pour le prix d’un pain au chocolat dans la vraie vie (pas dans celle de Copé).

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L'équivalant de 15€ pour ce costume de Sledge
On peut aussi utiliser les crédits obtenus en jouant sur Halo 5
On peut aussi utiliser les crédits obtenus en jouant sur Halo 5
De même que sur Overwatch et les autres
De même que sur Overwatch et les autres

Ce système fonctionne visiblement très bien puisque les revenus enregistrés avec Halo 5 Guardians et Rainbow Six : Siege dépassent largement les prévisions. Ubisoft a donc bien compris la leçon et compte implanter cette politique dans ses prochains titres. C’est d’ailleurs Anne Blondel-Jouin, en charge du suivi post lancement des jeux de la firme, qui a répondu aux questions du site GamesIndustries.biz sur l’avenir de leurs futurs jeux.

Morceaux choisis :

La monétisation (ndlr : d’un contenu) est quelque chose auquel nous devons faire très attention, et mon équipe fait justement son possible pour nous assurer de trouver le bon équilibre.

La clé c’est que si nous faisons payer pour ajouter une expérience de jeu supplémentaire, alors ce n’est pas bon. [...] C’est une chose de proposer plus d’amusement aux joueurs, mais ils doivent avoir le choix d’acheter ce petit extra ou non. Si je mets tout ceci en parallèle avec un parc d’attraction, vous payez pour accéder à tous les manèges mais vous pouvez également aller dans une boutique pour acheter de quoi manger, des souvenirs ou autres… Et quoi que vous achetiez dans cette boutique, vous vivez toujours la même expérience que les autres dans ce parc. Personne ne vous demandera d’acheter si vous ne le souhaitez pas, car il s’agit simplement d’un extra sur votre propre expérience.

La façon dont nous avons conçu Rainbow Six nous a permis d’avoir d’excellents retours de la part des joueurs sur les nouveaux personnages, qu’ils peuvent d’ailleurs personnaliser avec des tenues ou des skins d’armes. Mais même s’ils ne le font pas, ils auront exactement la même expérience que les autres joueurs. Il s’agit simplement d’un petit bonus de revenu pour nous, qui nous vient de joueurs heureux. Si les joueurs n’étaient pas contents de ce principe, nous ne proposerions pas ces contenus supplémentaires.

Tout ceci a le même impact commercial (ndlr : en comparaison avec les DLC payants). En revanche, ce système apparaît comme plus juste à la fois pour Ubisoft et pour les joueurs.

Ubisoft semble donc vouloir modifier sa vision de développement et de post-contenu dans ses prochains jeux. Car après le souhait de vouloir réduire la narration sur certains titres (comme sur Steep par exemple), le géant français compte bien harmoniser sa politique de DLC avec celle utilisée sur Rainbow Six : Siege. Et il apparaît même que cela apporte autant d’argent que pour les extensions payantes à outrance.

La question des DLC, et ce que cela apporte en bien et en mal, restera toujours un sujet chaud. De plus en plus de studios privilégient désormais le contenu gratuit, tandis que d’autres restent dans cette idée du pack payant, voire du mode de jeu payant (un des mauvais élèves restant Rise of the Tomb Raider par exemple). Il faut donc s’attendre, à l’avenir, à avoir de plus en plus de jeux fonctionnant sur ce nouveau principe, où les objets cosmétiques et micro-transactions domineront les packs de DLC payants.

Mais attention aux abus, car même si les studios annoncent ceci comme une volonté de faire plaisir aux joueurs avant tout, il s’agit aussi (et surtout) de faire de l’argent et se donner une bonne image, car ce sont les revenus engendrés grâce à ce nouveau système qui ont provoqué ce revirement. Sans cela, il est très probable que nous soyons restés dans une position où chaque chose proposée après le lancement d’un jeu soit à 100% payant. Mais pour le moment, cette nouvelle politique fonctionne très bien avec les jeux qui l’ont adoptée, espérons que cela continue.

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4 reactions

Geolem

25 nov 2016 @ 18:53

Ils auraient pu commencer avec Watchdog 2 :(

Xcéces

25 nov 2016 @ 18:54

Que ce soit sincère ou pas, c’est pas grave, tant que c’est gratuit c’est tip-top !

Après si les gars nous pondent des DLC’s à la Witcher 3 en terme de qualité et de contenu j’suis preneur. Y’a un juste milieu à avoir, comme pour tout.

Sinon, ce serait cool que Sega en prenne de la graine... parce que eux sont pas loin de battre EA et Ubi pour les DLC’s.:’-));-)

Naeje

25 nov 2016 @ 19:00

Il ne faut pas se leurrer, les coûts de développement ont explosé en une petite dizaine d’années (coût de développement Gears 1 = 10 Millions de $ / Gears 4 = 100 millions de $). Alors ces contenus cosmétiques payants et toutes ces monnaies virtuelles, c’est finalement un moindre mal et c’est quelque chose qu’il faut encourager. Ça donne plus de pouvoir au consommateur, sans pour autant toucher les petits portefeuilles.

Malgré ses défauts, je pense qu’on se rappellera tous de Halo 5 comme le premier gros jeu a avoir dit « fuck Call of et ses maps pack à 15€, tout notre contenu est gratuit, mais si vous aimez notre jeu alors vous pouvez acheter des packs ». Un gros « bold move », finalement payant pour Microsoft.

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HECATE XIII

25 nov 2016 @ 22:33

De bonne augure pour le prochain ghost recon.