Preview - A Plague Tale : Ratus et la peste noire

«De quoi en faire tout un fromage» , - 2 réaction(s)

La semaine dernière, nous étions invités dans les locaux de Focus Home Interactive pour une session de jeu sur l’un de leurs prochains titres : A Plague Tale, de Asobo Studio. Ce fut aussi l’occasion d’échanger avec l’équipe technique afin de glaner quelques informations sur la conception de ce titre qui gagne définitivement sa place dans les prochaines sorties à suivre de très près.

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Le projet est né il y a quelques années maintenant, avec la volonté de conter une histoire au centre de laquelle se trouvent deux enfants nommés Amicia et Hugo. Le jeu s’est véritablement construit autour de la relation que les personnages vont développer en traversant des événements particulièrement traumatisants. A Plague Tale se situe à une époque sombre de l’Histoire, dans la région de Guyenne, une ancienne province du sud-ouest de la France. Nous sommes au XIVe siècle, la fin de l’Inquisition médiévale est proche et la peste noire commence à faire son apparition en Europe. La démo mise à disposition situait l’action au début du jeu, l’occasion pour nous de faire connaissance avec les protagonistes et la trame principale.

Amicia et Hugo sont frère et soeur. Elle est l’aînée mais ne connaît que très peu son jeune frère. C’est une jeune fille un peu rebelle qui partage plus de choses avec son père qu’avec sa mère, à regret. Son petit frère est malade et sa mère passe tout son temps à tenter de le soigner. On découvre la jeune fille à la chasse, dans les bois. Le tutoriel explique l’une des mécaniques modernes que l’on connaît bien : on se cache dans des hautes herbes pour ne pas se faire repérer. Amicia n’est pas une guerrière comme son père, le Chevalier De Rune, mais elle manie la fronde à la perfection, ce qui sera par la suite l’arme de base lui servant de moyen offensif mais aussi distractif. Les contrôles sont simples, le maniement précis et visuellement, le jeu n’a vraiment pas à rougir compte tenu de son budget modeste.

Ce qui le rend très intéressant, c’est sa qualité d’écriture et la justesse de ses personnages dans leurs mots et expressions, chose que l’on a pu percevoir durant les quatre chapitres (sur dix-sept au total) de la démo. Il y a eu un gros travail de fourni pour rendre les interactions et les échanges fluides et logiques, cassant le sentiment problématique récurrent que les personnages ne sont que des prétextes à mettre en scène des énigmes, ne laissant jamais s’installer l’idée que des situations puissent être exposées dans le seul but de divertir le joueur sans chercher vraiment à lui raconter quelque chose. Les comportements et réactions sont crédibles pour des enfants et on ne tombe pas dans le syndrome des marmots têtes à claques ou du jeu en binôme où l’on se traîne constamment un boulet. L’ambition est palpable et le talent de l’équipe technique ainsi que la maturité du projet placent le titre dans le haut du panier des jeux d’action/aventure narratifs, ridiculisant au passage beaucoup de triples A verbeux et creux.

Pourtant, le style du jeu est classique. On pense fatalement à The Last of Us du fait qu’il mette en scène deux personnes ne se connaissant pas vraiment qui tentent de survivre en coopérant. Brothers : A tales of Two Sons, l’oeuvre de Starbreeze sortie en 2013, est aussi une source d’inspiration évidente pour le studio français, les deux jeux partageant le fait de narrer un conte. Si le titre se situe à une époque ancienne et réelle, il dispose d’une composante fantastique assez impressionnante en la présence de meutes de terrifiants rats qui dévorent toute chose vivante sur leur passage, bétail comme humain. Le jeu est violent voire même gore quand les décors et les situations ne frôlent pas l’horreur pure et simple. Le comportement des rongeurs est particulièrement glaçant. Ils sortent du sol tels des locustes, nidifient des tunnels à base de restes d’humains, se déplacent vite et n’ont aucune pitié. Ils ont pourtant un point faible : le feu et, plus largement, la lumière.

Le jeu met donc en scène des zones dans lesquelles le joueur doit faire preuve d’observation et de logique pour se frayer des chemins. Des bâtons de feu qui se consument vite, des torches qui durent plus longtemps, des ballots de paille à enflammer,... Les situations sont variées et originales, ce qui fait que l’on ne voit pas le temps passer. Les autres ennemis sont les inquisiteurs bien protégés dans leurs armures mais aussi les humains que l’on peut croiser, pas toujours très enclins à prendre sous leurs ailes deux enfants en fuite. En deux heures de jeu, nous avons eu à tenter de contourner des rondes de soldats dans la propriété familiale, une longue poursuite dans un village contaminé par la peste où aucun villageois ne voulait ouvrir sa porte pour aider, un monastère saccagé et infesté de rats mais aussi des tronçons de campagne, preuve que la variété des décors - très crédibles et bien détaillés, au demeurant - est bien présente. Ce qui est classique, ce sont les mécaniques de jeu mais la qualité d’écriture et le rythme assez soutenu de cette première partie du jeu ont suffit à nous scotcher devant l’écran. Le background s’étoffe rapidement et l’envie d’en savoir plus se fait vite sentir : qu’est-ce qui a bien pu pousser l’Inquisition à trucider la famille De Rune, pourquoi le jeune garçon semblait être leur cible, quelles sont la nature et l’origine de sa maladie, comment leur mère connaissait-elle l’alchimie (qui viendra enrichir les possibilités de gameplay dans la suite de l’aventure) et quelle était la nature de ses recherches scientifiques.

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Si le titre est propre avec une direction artistique très agréable ainsi qu’une belle palette de couleurs, il dispose en outre de lumières bien gérées et de différentes astuces de mise en scène qui lui confèrent une ambiance atypique très enthousiasmante. Côté purement technique, des optimisations pour la One X sont à prévoir avec notamment un gap de résolution et la gestion du HDR. Les compositions d’Olivier Derivière (Obscure, Remember Me, Vampyr) ajoutent un certain cachet au projet de par l’utilisation d’instruments médiévaux à cordes pour les différents thèmes, ce qui vient parfaire un tableau qui n’a peut-être que ses animations un peu raides et pas toujours biens imbriquées pour trahir son budget. Vivement le 14 mai pour savoir si les situations se renouvellent assez sur la durée. On nous a aussi promis des surprises dans l’histoire, et on a bien hâte d’en savoir plus.

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A Plague Tale : Innocence

A Plague Tale : Innocence
PEGI 18

Genre : Action/Infiltration

Editeur : Focus Home Interactive

Développeur : Asobo Studio

Date de sortie : 14/05/2019

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows

2 reactions

Jonyboy

Rédaction

18 fév 2019 @ 21:27

Eh bien je salive déjà. Tout me plaît dans ce qui a été dit. Belle surprise en perspective !

jm ysb

18 fév 2019 @ 22:59

très alléchant !