Preview - On a tâté de l’indé à l’E3

«Et on a aimé ça» , - 2 réaction(s)

Quelques indices ont été semés pendant les conférences de Sony et surtout Microsoft, mais il fallait être sur le salon pour vraiment se rendre compte de la place prise par les jeux indés sur nos consoles. Sur le stand Sony, sans doute aussi du fait qu’il n’y avait pas grand-chose de jouable à montrer en titres non-indés, cela représentait la majorité des jeux exposés. Sur le stand Microsoft, sans qu’on arrive à cette proportion, il y en avait également beaucoup. Ce qui a été frappant, c’est le niveau moyen de qualité très élevé des jeux montrés. Comme nous allons nous concentrer dans cette preview sur les jeux du stand Xbox, je glisse juste un mot sur les titres de la PS4, dont certains m’ont fait une excellente impression. Mon seul regret est qu’il y avait tellement de choses auxquelles jouer chez Microsoft que je n’ai pas eu le temps de les essayer véritablement pour les inclure dans ce compte rendu.

Sur Xbox One, le dynamisme du programme id@xbox est impressionnant. Beaucoup de jeux étaient montrés, mais beaucoup d’autres, et pas des moindres, sont restés dans les cartons en attendant un prochain salon.

Vous trouverez donc ci-dessous un retour sur tous les jeux essayés.

Smite Battleground :

La bêta étant largement ouverte, sans doute que beaucoup ont déjà pu jouer à ce PvP en arène. Le titre mise sur une ambiance médiévale, et s’appuie sur de nombreux personnages jouables, tous doués de capacités propres variées. L’action est soutenue, avec une ambiance de champ de bataille bien retranscrite par la présence dans l’arène de PNJ qui viennent ajouter à la confusion. Il n’en demeure pas moins que l’action devient vite répétitive : le jeu pourra s’inscrire sur la durée si les personnages jouables sont bien équilibrés et poussent à la coopération entre équipiers. La réalisation est plutôt sympathique, avec de jolis graphismes, et le gameplay, très simple, permet une prise en main quasi-immédiate. Ce n’est certes pas un jeu majeur, mais exactement le genre de titres sur lequel on peut se retrouver entre amis pour se bastonner et passer un bon moment en papotant.

Gigantic :

Jeu largement mis en avant par Microsoft, et avec raison car très sympathique et au potentiel évident. A nouveau c’est du PvP par équipe, et la carte proposée était étalée en longueur, chaque équipe partant d’une extrémité.

Les personnages jouables sont tous plus farfelus les uns que les autres, avec bien entendu leurs capacités propres qui monteront de niveau au gré de la partie. Chaque équipe se doit de protéger son géant (pour moi c’était un énorme serpent), qui progresse le long de la carte et qui cherche à buter le géant de l’équipe adverse, ce qui est synonyme de victoire. Les joueurs se doivent donc de le défendre… ou bien d’attaquer le géant adverse pour qu’il recule. Cette idée s’avère en pratique excellente car elle donne un véritable but à un titre qui sans cela se serait résumé à des affrontements par équipe en milieu de carte. Du coup, les retournements de situation sont nombreux (mon équipe à finalement perdu après être passée très près de gagner à plusieurs reprises), ce qui est la force du titre, mais aussi sa faiblesse, les parties pouvant être un peu longuettes. Graphiquement, la patte graphique cartoonesque fonctionne très bien, et le résultat à l’écran est joli, faisant penser à un épisode de Bip-Bip sous acides. Voilà un titre dynamique et fun sur lequel je me suis bien amusé, et qui a été de toute évidence bien apprécié sur le stand.

Tembo the Badass Elephant :

Au départ, c’est avant tout pour son titre que j’ai essayé ce jeu. Un éléphant Badass, j’y peux rien, ça m’amuse. J’avoue ne pas avoir retenu grand-chose de l’histoire (il me semble que c’est un éléphant-soldat qui doit libérer des gens), mais peu importe, j’ai surtout pu jouer à un jeu qui m’a bien plu, dans un feeling typiquement 16bits pour ce qui est de son maniement. Dans une 2D sans fioritures mais très propre, on contrôle ce super éléphant, qui peut sauter, planer (normal, quoi), mais aussi foncer, écraser et détruire. Avec peu de boutons utilisés on peut faire beaucoup de choses, et ce grâce à une maniabilité bien vue. Un vrai jeu 16bits, je vous dis. On s’amuse vite, et l’univers montré accroche grâce à un design très comics qui nous change de la mode des pixels apparents. Clairement pas le jeu qui va faire les gros titres, mais un bon p’tit jeu sympathique qui peut être un divertissement plus que convenable pour peu que le prix soit en adéquation avec le produit.

The Flame in the Flood :

Celui-ci n’est pas un titre facile à essayer sur un salon, tant il est évident qu’il faut du temps pour en extraire la substantifique moelle.

L’action se passe dans ce qui ressemble à la Nouvelle Orléans dévastée, et le but premier est juste de survivre. Pour ce faire on naviguera d’une île à une autre sur un radeau afin de trouver tout ce qui est nécessaire à la création d’un feu, à la fabrication d’outils de chasse, etc… Je n’ai pas vu le scénario se cachant derrière ce titre, mais j’ai pu immédiatement capter une ambiance très bien rendue, même si un peu déprimante, grâce à un style graphique intéressant. L’environnement est également bien situé, notamment grâce à une musique typique des bayous qui accompagne nos déplacements. Cela donne envie d’en voir plus.

Below :

Encore un titre difficile à cerner en peu de temps, puisque c’est un véritable jeu d’aventure. Le choix visuel est surprenant, puisqu’on voit l’action de loin, ce qui donne une impression de lenteur général. Pourtant il se dégage un je-ne-sais-quoi de ce titre qui accroche. Ce point de vue original intrigue et le jeu semble vivre à son propre rythme. L’ensemble est harmonieux et soutenu par une bande son à la fois discrète et efficace, renforçant cette impression de planer. Je voulais juste me faire une idée de la maniabilité (tout à fait convenable en passant), bien conscient que je n’en retirerais pas grand-chose d’autre sur un salon, et sans que je m’en rende vraiment compte, il s’est écoulé une grosse vingtaine de minutes. Il a fallu que je perçoive de l’agitation derrière moi pour réaliser que j’étais manette en main depuis un moment et qu’il était temps de céder ma place. Difficile de dire si cela tiendra sur la durée, mais il y a dans Below une vraie personnalité qui fait qu’on s’y intéresse naturellement.

Ark Survival Evolved :

Et si on cohabitait avec les dinosaures ? Dans Ark Survival Evolved, comme son nom l’indique, on va devoir apprendre à survivre dans un environnement hostile peuplé de ces gros lézards. En vue FPS, il va falloir couper du bois, se construire des outils, et bien choisir à quel saurien on s’attaque pour manger.

Voilà un jeu plutôt joli, semblant promettre de belles possibilités. Malheureusement j’ai trouvé l’environnement trop statique, ne donnant pas vraiment une impression de vie foisonnante. Cette démo est surtout la démonstration de possibilités, mais il y a encore du travail à fournir sur le jeu. L’indication que j’en ai retirée est qu’il faut le surveiller, dans l’attente de voir s’il bascule du bon côté…

Gemini :

Je vous en parle pour l’anecdote. On dirige un point lumineux qu’on fait monter ou descendre. Si cela donne des visuels surprenants et très jolis, dans une ambiance un peu planante, j’avoue ne pas avoir compris grand-chose à l’objectif du jeu ! En repassant plus tard et en voyant quelqu’un d’autre jouer, je me suis rendu à l’évidence : j’ai pris la manette à un moment où le jeu plantait, car manifestement la personne qui jouait alors arrivait à faire bien plus de choses que moi ! A regarder, j’ai trouvé ça intéressant dans la catégorie expérience sensorielle, mais l’ayant pas essayé je ne peux pas en dire beaucoup plus !

The Long Dark :

En vue FPS et dans un environnement neigeux, l’objectif est de survivre le plus longtemps possible (la survie est à la mode cette année !).

Chaque action se traduit par des calories dépensées, et il faut trouver le moyen d’en regagner sous peine de périr dans la neige et de se retrouver congelé comme un bâtonnet de colin. Étrange jeu ! La réalisation est très sobre, je dirais même minimaliste, mais cela a semblé plaire à ceux que j’ai vu jouer. Manette en main, je n’ai pas été autant convaincu. J’ai trouvé le jeu trop mou et lent, et les décors bien vides et donc lassants. On sent bien qu’il y a des idées dans ce titre, mais en l’état cela n’a pas vraiment retenu mon attention.

Happy Dungeons :

Voilà un titre qui m’a donné l’impression d’avoir été fait des dizaines de fois. Seul ou à plusieurs (en écran splitté), dans une vue du dessus et dans un environnement d’inspiration heroic-fantasy, on va déglinguer des monstres, gagner des pièces et nettoyer les zones les unes après les autres. J’ai pensé aux scènes en arène de Skylander quand j’ai vu ce jeu. A vrai dire, je n’ai rien à lui reprocher, car c’est mignon, plein de couleurs, dynamique, et à plusieurs c’est même plutôt agréable. Le produit typique dont les Japonais raffolent. Autant j’ai passé un moment plutôt agréable dessus, autant je ne peux pas en parler beaucoup car la faible personnalité du titre fait que je n’en ai pas retenu grand-chose.

The Solus :

Un petit jeu où il faut survivre ? Cette fois, c’est suite au crash de notre vaisseau sur une planète hostile. En vue FPS, alors qu’on est dans notre combinaison, on doit absolument trouver un moyen de s’en sortir.

Le point de vue est original, car ici il n’y a pas d’ennemis. Ou plutôt si, il y en a : la planète elle-même dont l’unique but semble être de vous nuire. Il y a des pièges partout, et la moindre inattention peut se traduire par la mort, ce que j’ai expérimenté pour vous. J’ai vraiment bien apprécié l’ambiance se dégageant de ce jeu, entre sentiment d’urgence et déplacements relativement lents. Les décors sont jolis et réussissent à se renouveler pour que le jeu ne soit pas juste une longue promenade répétitive. Il reste encore du travail sur ce titre (l’animation est perfectible), mais son potentiel est évident. Il n’en demeure pas moins que le concept de base est un peu casse-gueule ! Si le développeur arrive à se renouveler sur la durée de l’aventure, cela peut être passionnant, mais l’ennui peut vite s’inviter si on tourne en rond.

Cup Head :

Comment faire autrement que de terminer sur Cup Head, véritable star du stand, et probable star tout court pour l’E3 de l’année prochaine ? Le titre propose, dans une très belle 2D, un condensé d’action/plateformes. Avant de dérouler une série de superlatifs, autant souligner la limite potentiel du jeu : sur ce qui a été présenté, on a l’impression que ce sera une sorte de hub s’ouvrant sur des niveaux qui ne contentent d’être des affrontements contre des boss. Est-ce un mal ? Pas sûr du tout tant on s’éclate manette en main. L’objectif des développeurs est double : proposer un titre inspiré (calqué serait plus exact) sur les dessins animés des années 30, et retrouver le feeling des jeux 16 bits au maniement ultra-précis et exigeant qui répond au doigt et à l’œil. Autant dire que cela est une réussite totale. D’abord graphique : c’est bien simple on EST dans un dessin animé. C’est juste magnifique ! Jusqu’aux couleurs qui sont passées à la perfection pour donner ce grain si particulier à l’image. L’animation n’est pas en reste, retrouvant la fluidité et les mouvements caractéristiques de cette époque. C’est un véritable voyage dans le temps interactif qui est sous nos yeux, d’une originalité folle, et sur ce que j’ai vu d’une inventivité qui met la banane. Pour la jouabilité, à nouveau carton plein. Le jeu s’annonce dur. Attention, pas un peu dur, mais vraiment duuuuuuur. Et pourtant, comme dans les meilleurs jeux 16 bits proposant un gros challenge, on s’accroche, et à chaque mort on essaie à nouveau pour progresser petit à petit. L’action se joue au millimètre, il faut anticiper les attaques, sauter au bon moment, trouver la bonne position pour atteindre le boss. Le jeu a beaucoup été mis en avant par Microsoft, et il y avait beaucoup, beaucoup de monde devant les bornes pour l’essayer. A chaque fois le même bilan : des joueurs ayant perdu, ré-essayé, reperdu, ré-essayé, et finalement des joueurs lâchant avec difficulté la manette et repartant avec un sourire jusqu’aux oreilles. Cup Head devrait débarquer l’année prochaine, et ça va faire mal !

Je pense que je n’ai pas raté grand-chose du stand Microsoft, et dans les vidéos projetées il y avait encore de nombreux titres au potentiel évident. Ce qui m’a frappé, au-delà de la quantité et de la qualité des titres, c’est la diversité de ce qui est proposé. Les jeux du programme id@xbox n’ont pas le même budget que les productions AAA. Mais pour se démarquer, ils recherchent presque tous l’originalité, que ce soit visuelle à travers le style graphique, ou thématique. Alors qu’on peut reprocher aux jeux vidéo de ne plus prendre de risques, de vivre sur des suites et sur des produits calibrés, ces titres se positionnent comme une alternative plus que crédible et font qu’une machine comme la Xbox One propose une gamme étendue allant du gros blockbuster attendu mais jouissif aux titres proposant autre chose. Je me demande si cet équilibre n’est pas finalement la meilleure nouvelle de cet E3 2015.

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2 reactions

kalud

02 jui 2015 @ 19:26

Ambiance médiévale pour smite ? Pas vraiment d accord. Encore merci pour votre travail et pour avoir tester the long dark en early Access sur one en demo je suis ok avec vous et vu qu il n y a pas de tuto c est dur. Hâte de tester ark et cuphead.

Jonyboy

Rédaction

02 jui 2015 @ 23:48

Super récap, merci ! Perso j’attends Below de pieds fermes. Et j’avoue être complètement bluffé par le rendu de CupHead. Je me prends déjà à rêver d’un jeu Tex Avery ! Oh oui, le loup traversant des niveaux peuplés de tous les personnages connus pour aller « sauver » sa pin-up ! :-P On tient quelque chose là non ?!